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vendredi, mai 6, 2022

David Mercier – De la fibre aux usages : en route vers l’agence du numérique dans l’Eure

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Actualités Syndicat mixte Eure Normandie Numérique

Les collectivités territoriales se sont investies depuis plusieurs années dans la construction de réseaux fibre optique afin d’assurer la connexion au très haut débit des foyers en zones non dense, par défaut de l’initiative privée en ce sens, cette dernière se focalisant sur les zones denses / urbaines dites zones « AMII ».

Ainsi dans l’Eure, les opérateurs ont pris en charge la connexion en fibre des foyers sur le territoire d’Evreux, Louviers et Vernon soit environ 100 000 foyers.

Pour le reste du département, sans l’action du conseil départemental, qui a pour l’occasion créé le syndicat mixte Eure Normandie Numérique, 250 000 foyers soit 400 000 habitants environ, seraient restés sur le bord de l’autoroute de l’information.

Accès Haut débit avec l’Agence du numérique dans l’Eure

Ce projet d’envergure représente un coût de 200 millions d’Euros et a été financé par l’état, la région, les intercommunalités et bien entendu le département.

Le projet démarré dès 2014 a connu de nombreux déboires à son démarrage : pénurie de fibre, de main d’œuvre pour concevoir le réseau, des situations de déploiement non prévues initialement…..

Haut débit fibre optique
Haut débit fibre optique

En 2019, devant le retard constaté, les élus ont décidé de confier la conduite de ce projet au DGS du département, David Mercier, Ingénieur des mines télécom, qui bénéficiait d’une expérience solide en la matière, par son expérience très avant gardiste sur la ville de Reims (voir l’ouvrage réseaux haut débit et boucle locale édité en 2001/2004).

« Les compétences dans le domaines étaient assez rares et prises par ailleurs. Le retard accumulé ne permettait d’attendre plus longtemps pour avoir quelqu’un d’opérationnel et les tentatives de recrutements se sont avérées infructueuses » précise David Mercier. Il a pour se faire cumulé de 2019 à 2021 les 2 fonctions : DGS du département et directeur général délégué du syndicat Eure Normandie Numérique, cumul cadré et permis par la loi.

L’objectif était de reprendre les marchés de travaux pour assurer la construction du réseau et des prises, mais également de conduire la procédure de délégation de service public : une fois le réseau construit, il convient de le confier à un délégataire, un opérateur télécom « de gros », qui assure l’extension du réseau, son exploitation, et la commercialisation à des opérateurs télécom de détail, proposant les abonnements aux particuliers et entreprises.

Pour l’utilisation de ce réseau déployé par la puissance publique l’opérateur de gros verse un droit d’usage au syndicat mixte.

La crise covid a compliqué encore le déploiement, néanmoins le pilotage par le nouveau directeur a été sans concession pour rattraper le retard et permettre au maximum de foyers du département de bénéficier rapidement du très haut débit. « Cela a été une vraie mission de service publique » précise t’il « avec la motivation d’apporter une réelle plus value pour des habitants pour qui cela devenait de plus en plus nécessaire de par les confinements, et le développement du télétravail…… »

Pour quels résultats ? mi 2021 ce sont 120 000 prises qui ont été construites, et 20 000 abonnements souscrits, le contrat avec le délégataire bouclé. L’action de David Mercier a été saluée  par l’ensemble des élus, lors du comité syndical de septembre 2021. Il a ensuite rejoint le département de Seine-Maritime en tant que directeur général des services.

 

David Mercier : Et après ?

La construction du réseau va se terminer en 2023. Le syndicat mixte recevra une redevance de 8 millions d’€ par an environ pendant 20 ans. Dès début 2020, la suite a été anticipée. ” L’enjeu pour le territoire, est ensuite de remplir les tuyaux pour améliorer les usages et pas seulement avec netflix ou amazon prime”  explique David Mercier

Pour ce faire, une étude a été lancée dès l’été 2020 sous son impulsion, afin d’identifier les usages à développer sur le territoire. « Une forme de de retour sur investissement légitime » précise le directeur général. Dès lors les réflexions sont engagées. L’objectif est de travailler dans un large mode de concertation avec les territoires pour identifier et mieux répondre aux besoins. Ces derniers seront très différents d’une commune à l’autre, et il n’existe pas de réponse universelle.

Nous avons identifié des besoins très différents comme le développement de la télémédecine, l’Eure étant l’un des départements les plus défavorisés en termes de nombre de médecins par habitants, développement de l’administration électronique pour les communes rurales ayant peu de moyens, la ville connectée, les applications permettant de signaler des dégâts sur les routes par exemple, le développement des réseaux wifi urbains, des applications de maintien à domicile des personnes âgées, développement d’applications de vente de produits locaux, pour favoriser les circuits courts, aides aux devoirs, formation à distance, espaces de coworking,  la télégestion etc…..

Les besoins sont nombreux et cette étude vise à élaborer un schéma directeur des usages numériques à l’échelle du territoire. Le département, sous l’impulsion du DGS, avait d’ores et déjà déployé un grand nombre de services au profit des collectivités du départements comme une plateforme de dématérialisation des marchés, la transmission des actes au contrôle de légalité par voie électronique, la numérisation du cadastre, l’état civil en ligne, l’archivage électronique ou encore l’opendata…..

Faire évoluer le syndicat mixte en agence des usages du numérique est clairement l’ambition affichée. Ambition reprise également au département de Seine-Maritime, les deux modèles étant similaires. Cette agence doit permettre de mobiliser des compétences de haut niveau sur les sujets de transformation numérique des territoires et de proposer des services de qualité aux adhérents.

En somme, après le déploiement des autoroutes de l’information, l’enjeu des 10 prochaines années sera de faire circuler une information de qualité, orientée usages, permettant le développement des territoires.

C’est un enjeu stratégique pour les territoires ruraux,  qui permettra d’assurer leur attractivité et surtout d’éviter les phénomènes de fractures numérique.

Auteur de l’article  : David Mercier –  Directeur général du syndicat mixte Eure Normandie Numérique

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