Jean-Pierre Giolitto nous explique le polype de la vessie

La vessie est un organe qui joue un rôle crucial dans le système urinaire et sur votre santé. C’est elle en effet qui stocke les urines et permet leur élimination. Elle peut toutefois être touchée par diverses pathologies, pouvant être bénignes ou plus sévères.

Il peut ainsi arriver d’avoir un polype dans la vessie, une situation qui nécessite une consultation rapide auprès d’un urologue.

Le docteur en urologie Jean Pierre Giolitto, qui exerce au sein du CHPCB de Paray-le-Monial, présente dans ce dossier tout ce qui touche au polype de la vessie : ses caractéristiques, ses facteurs de risque, ses symptômes, ses traitements.

Qu’est-ce que la vessie ?

La vessie est un organe du système urinaire que l’on retrouve chez la femme, devant le vagin et sous l’utérus, ainsi que chez l’homme, devant le rectum et au-dessus la prostate. Elle est composée de deux parties que nous présente le docteur spécialisé en urologie Jean Pierre Giolitto :

  • le dôme vésical, dont la paroi est composée d’une couche interne de muqueuse (l’urothélium) et d’une couche externe de muscle lisse (le detrusor). Son rôle est de servir de réservoir entre les mictions ;
  • le col vésical, qui sert à retenir l’urine grâce au sphincter urétral, un muscle qui entoure l’urètre. Ce col ouvre ainsi la vessie sur l’urètre.

Le rôle de la vessie concerne donc les mictions. En effet, les urines sont amenées par les uretères depuis les reins jusqu’à elle. Au moment du remplissage, les sphincters sont fermés et des influx nerveux sont envoyés pour signaler l’envie d’uriner du fait de l’étirement de la paroi vésicale. L’ouverture de ces sphincters, couplée à la contraction du detrusor, permet alors la miction.

Qu’est-ce qu’un polype de la vessie ?

La vessie peut être sujette à certaines pathologies, dont les polypes. Il s’agit d’une prolifération de cellules comme des excroissances, tout d’abord au niveau de l’urothélium qui est en contact avec l’urine.

Un polype dans la vessie représente, après le cancer de la prostate, le deuxième rang des tumeurs urologiques. Cette pathologie touche aussi bien les hommes que les femmes, mais les polypes de la vessie sont trois fois plus fréquents chez les hommes.

La taille d’un polype de la vessie peut varier et il peut être de différentes natures. L’urologue Jean-Pierre Giolitto précise que ces polypes sont dans 70 à 75 % des cas superficiels et bénins. En effet, un polype de la vessie désigne généralement une tumeur de vessie non cancéreuse, qui n’infiltre pas le muscle de la vessie. On parle alors de tumeur de vessie superficielle.  

Toutefois, il existe également des tumeurs de vessie cancéreuses lorsque celles-ci infiltrent le muscle de la vessie. Le risque est alors l’apparition de métastases à distance, comme au niveau des poumons, des ganglions, etc.

La classification des polypes de la vessie

Les polypes dans la vessie sont classés, comme l’explique monsieur Jean Pierre Giolitto, en fonction de la lésion. On retrouve ainsi :

  • pTa, qui est une tumeur superficielle présente uniquement sur la couche superficielle de la muqueuse de la vessie ;
  • pT1, lorsque la tumeur infiltre la couche placée en-dessous de la muqueuse et avant le muscle vésical (le chorion) ;
  •  pT2 à pT4, quand la tumeur infiltre profondément la paroi de la vessie (y compris le muscle vésical) ainsi que parfois les organes voisins (comme l’utérus, la prostate ou le rectum) ;
  • pTis, qui présente des facteurs d’agressivité.

Quels sont les facteurs des polypes de la vessie ?

Plusieurs facteurs favorisent l’apparition de polypes dans la vessie. Le tabac est l’un des principaux mais c’est également le cas en cas d’exposition prolongée à des dérivés de produits industriels (dérivés benzéniques) comme ceux utilisés par exemple dans l’industrie du goudron, de la peinture ou encore du caoutchouc.

Quels sont les symptômes d’un polype de la vessie ?

Le docteur Jean Pierre Giolitto précise qu’un polype de la vessie peut parfois rester asymptomatique. C’est pourquoi il arrive souvent qu’il soit détecté de manière totalement fortuite au cours d’un examen réalisé pour un tout autre motif.

Toutefois, le principal symptôme d’un polype de la vessie est l’hématurie, autrement dit la présence de sang dans les urines. En cas de coloration brun-rouge ou rouge lors de la miction, il est impératif de rapidement consulter un urologue afin de réaliser un bilan, et ce, même en l’absence de douleurs ou d’autres symptômes.

Des troubles de la miction peuvent également signaler la présence d’un polype dans la vessie, comme des envies fréquentes d’uriner, des brûlures ressenties en urinant, etc. S’ils peuvent être spécifiques à d’autres problématiques, il convient toutefois de les signaler pour passer des examens complémentaires.

Le docteur Jean Pierre Giolitto présente les examens à réaliser pour détecter un polype dans la vessie

Le docteur Jean Pierre Giolitto présente les examens à réaliser pour détecter un polype dans la vessie

Le docteur Jean Pierre Giolitto présente les examens à réaliser pour détecter un polype dans la vessie

Lors d’une consultation avec un urologue, ce professionnel va tout d’abord demander à son patient de réaliser un examen cytobactériologique des urines (ou ECBU) afin d’éliminer une potentielle infection urinaire. Il peut à cette occasion demander au laboratoire de vérifier la présence dans les urines de cellules cancéreuses.

Il est également possible de passer une échographie rénale afin de s’assurer que l’hématurie ne provienne pas des reins. Si elle est normale, l’urologue prescrit ensuite généralement une fibroscopie de la vessie (une cystoscopie) sous anesthésie locale, où une sonde souple remonte par les voies naturelles afin d’explorer la vessie et de faire des prélèvements (une biopsie). Dans certains cas, un scanner de la région pelvienne peut être demandé pour vérifier l’état des voies urinaires supérieures (bassinets, uretères, cavités intra-rénales).

Polype de la vessie : le traitement expliqué par le docteur Giolitto

L’ablation de polypes dans la vessie est le principal traitement, on parle de résection endoscopique de vessie. Cette intervention pour enlever un polype de la vessie va en outre permettre d’analyser la tumeur prélevée (l’analyse anatomo-pathologique) afin de déterminer le potentiel de récidive et le risque d’agressivité ultérieur.

Toutefois, le traitement d’un polype va varier selon sa nature.

Le traitement des polypes qui n’infiltrent pas le muscle

Une surveillance régulière par cystoscopie ainsi qu’avec une cytologie urinaire est généralement suffisante pour les tumeurs de vessie à faible risque. Cette surveillance doit être régulière pendant 10 ans au minimum.

Les polypes à risque intermédiaire ou élevé peuvent être quant à eux traités par des instillations endo-vésicales. Une substance (la Mitomycine C ou le BCG) est alors injectée par une sonde urinaire afin de diminuer le risque de progression et de récidive.

Le traitement des tumeurs qui infiltrent le muscle

Ce type de tumeurs de la vessie peut être traitée par :

  • cystectomie totale : il s’agit d’une chirurgie radicale où l’ablation de la vessie est totale. Une dérivation des urines doit alors être installée, soit par une stomie urinaire (une poche), soit par un remplacement de la vessie, notamment avec un bout d’intestin ;
  • une radiothérapie et/ou une chimiothérapie : cette option est généralement proposée aux patients ayant subi une résection endoscopique la plus complète mais refusant la cystectomie totale.

La convalescence après une résection polype vessie

Après une résection d’un polype de la vessie, le patient est soumis à une surveillance accrue. S’il a eu une ablation de la vessie, il est alors possible que des complications apparaissent. En effet, comme le souligne le docteur spécialisé en urologie Jean Pierre Giolitto, cette opération lourde peut engendrer :

  • des hématomes ;
  • des complications digestives ;
  • des problèmes cardiovasculaires ou pulmonaires ;
  • une infection urinaire ;
  • un abcès ou des fistules ;
  • des troubles de l’érection chez l’homme.

Toutefois, il est important de souligner que l’urologue peut proposer à son patient des traitements afin de soulager ces complications.

 

Portrait du docteur Jean Pierre Giolitto

Jean-Pierre Giolitto, né à Grenoble, a rapidement pris conscience de sa vocation, à savoir la médecine.

Portrait du docteur Jean Pierre Giolitto

Portrait du docteur Jean Pierre Giolitto

Il va intégrer au cours de son internat le service du Professeur Gilbert Faure, en urologie. Ce mentor va lui inculquer des valeurs qu’il veillera à porter tout au long de sa carrière, à savoir l’écoute, l’éthique, la rigueur. Il réalise au cours de cette immersion qu’il souhaite se spécialiser en urologie.

Jean Pierre Giolitto commence alors sa carrière comme praticien libéral, ce qu’il effectuera pendant vingt ans. Il devient ensuite le Chef de clinique urologique de la Polyclinique les Bleuets à Reims.

Bien loin de se reposer sur ses acquis, il se forme continuellement sur les nouvelles techniques médicales et les nouvelles approches de sa spécialité jusqu’à devenir un expert.

Cet urologue de renom forme d’ailleurs de nombreux chirurgiens européens aux techniques de cœlioscopie. Il va également occuper la fonction d’expert judiciaire auprès de la Cour d’appel de Reims pendant plus de dix ans.

Le docteur Jean-Pierre exerce actuellement au Centre Hospitalier du Pays Charolais Brionnais Centre Hospitalier intercommunal de Paray-le-Monial.

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