Épargne : comment placer son argent en période d’inflation ?

Ces derniers mois, on assiste à une envolée de l’inflation. Après avoir connu des années de faible augmentation des prix (autour de 2 % par an), l’inflation atteint des niveaux que l’on n’avait pas connus depuis plus de deux décennies.

Placement Financier en cette période difficile

Cette envolée du prix des biens et des services trouve son origine dans la crise sanitaire de la COVID : la désorganisation des chaînes de production a contraint l’offre de biens et de services. En sortie de crise, la demande soutenue s’est donc heurtée à des problèmes d’approvisionnement, ce déséquilibre de l’offre/demande a été le premier moteur de l’inflation.
À ce premier événement s’ajoute un deuxième catalyseur expliquant l’envolée de l’inflation : la guerre en Ukraine. Le prix de l’énergie s’est envolé, ainsi que celui de plusieurs denrées alimentaires, notamment le blé et l’huile de tournesol, dont une part non négligeable de la production mondiale provient de Russie et d’Ukraine.
Au-delà des drames humains, ces deux événements ont également eu de lourdes conséquences sur l’économie. Sur les 12 derniers mois, l’inflation atteint (selon les pays) entre 4 à 8 % en Europe et aux États-Unis. Pour contenir l’inflation, les banques centrales sont en première ligne. Elles n’ont d’autres choix que d’amorcer un cycle de resserrement monétaire pour endiguer l’inflation. Une telle inflexion dans la politique monétaire n’est pas sans risque, une remontée trop rapide des taux directeurs expose à un risque de récession économique, le remède pourrait donc s’avérer plus dévastateur que le mal. Dans l’autre sens, un resserrement monétaire trop timide expose au risque d’une inflation forte persistante. La BCE (banque centrale européenne) et la Fed (banque centrale des États-Unis) marchent donc sur le fil du rasoir.
Ces événements ont des conséquences fortes sur l’épargne. Selon une estimation provisoire de l’INSEE, en mars, l’indice des prix à la consommation en France est en hausse de 4,5 % sur les 12 derniers mois. Les épargnants doivent réapprendre à vivre dans un contexte où les placements sans risque ne permettent plus de maintenir la valeur de l’épargne. En effet, si l’on prend le cas du livret A, avec un taux de rémunération actuellement fixé à 1% net, son rendement réel corrigé de l’inflation est désormais nettement en territoire négatif.
Une question se pose : comment placer son argent de façon efficace ?

Comment placer son argent efficacement en 2022 ?

Si la situation actuelle peut inciter nombre d’épargnants à revoir la façon de placer leurs économies, les épargnants ayant optimisé leur allocation très en amont n’ont en réalité que peu d’arbitrages à faire pour ajuster leur patrimoine à la situation.
En effet, ce n’est pas tant le niveau d’inflation que les projets financiers et patrimoniaux qui doivent guider les choix en matière d’investissement. Voyons un peu plus dans le détail les bonnes pratiques en matière de gestion de l’épargne.
Tout d’abord, il faut distinguer le cas de l’épargne investie sur le court terme et celui de l’épargne investie sur le long terme.
Dans le cas de l’épargne investie sur le court terme (1 à 3 ans), l’épargnant doit impérativement sécuriser son capital. Il n’est pas question de se tourner vers des placements comportant un risque de perte en capital. Parmi les placements sans risque adaptés à un horizon d’investissement à court terme, on peut citer les livrets réglementés et les fonds euros en assurance vie. Le livret A et le livret développement durable et solidarité offrent actuellement un rendement de 1 % net (les intérêts sont exonérés d’impôt). Les fonds euro ont délivré des performances comprises entre 1 et 2 % selon les assureurs. Les livrets et les fonds euro ne permettent plus de compenser l’inflation, mais ce sont des supports sans risque sur lesquels l’argent n’est pas bloqué, ils conviennent donc pour des projets d’épargne à court terme. C’est du côté de l’épargne investie sur le long terme que les épargnants doivent mettre en œuvre les actions qui s’imposent pour protéger leur épargne de l’inflation.
Dans le cas de l’épargne investie sur le long terme, les conseillers en gestion de patrimoine recommandent de diversifier notre patrimoine sur des classes d’actifs dynamiques telles que les fonds d’investissement en actions et l’immobilier. Ces classes d’actifs sont historiquement plus rémunératrices que les livrets et les fonds euro. Ce conseil était vrai avant le retour de l’inflation, et il l’est d’autant plus maintenant que l’inflation s’envole. En effet, les actions et l’immobilier sont deux classes d’actifs offrant une excellente protection contre l’inflation. Du côté des actions d’entreprises cotées, ces dernières ont la possibilité d’ajuster à la hausse le prix des services et des biens qu’elles commercialisent afin de compenser l’inflation. Quant à l’immobilier, il se valorise mécaniquement à mesure que les salaires (et donc la capacité d’investissement des ménages) augmentent. Les loyers suivent l’évolution des prix, les bailleurs peuvent augmenter le loyer en suivant l’indice de référence des loyers.
L’épargnant peut également tirer parti des dispositifs fiscaux attractifs pour limiter l’imposition des revenus de son épargne et ainsi faire boule de neige avec son épargne en réinvestissant pleinement ses gains. Les contribuables sont nombreux à se demander comment défiscaliser. Il existe plusieurs dispositifs d’épargne permettant d’optimiser la fiscalité des revenus de l’épargne, et même de réduire son impôt sur le revenu. Voyons le cas de deux dispositifs de défiscalisation très populaires : l’assurance vie et le plan d’épargne retraite.
L’assurance vie est le dispositif d’épargne préféré des Français, avec plus de 1800 milliards d’euros d’encours investis (c’est plus du double des encours placés dans les livrets réglementés !). Les gains financiers réalisés au sein de l’assurance vie ne sont pas taxés tant que l’épargnant laisse l’argent dans son contrat. Il peut ainsi faire fructifier son épargne de façon optimale. Les gains ne sont taxés qu’en cas de retrait, et bénéficient à cette occasion d’une fiscalité réduite, le législateur voit un abattement sur les plus-values imposables.
Un autre dispositif d’épargne en passe de devenir incontournable est le plan d’épargne retraite (PER). Lancé fin 2019, ce dispositif est l’une des solutions les plus simples et les plus efficaces pour réduire son impôt sur le revenu. En effet, les versements réalisés sur le PER sont déductibles du revenu imposable. Si l’on prend le cas d’un contribuable dont les revenus se situent dans la tranche marginale d’imposition à 41 %, un versement de 1000 euros sur le PER permettra une diminution de son impôt sur le revenu de 410 euros. Les versements réalisés sur le PER sont déductibles dans la limite de 10 % des revenus annuels. Un contribuable déclarant 100 000 euros de revenus pourra verser 10 000 euros sur son PER et en déduire autant de son revenu imposable. L’économie d’impôt atteindra ainsi 4100 euros.
Aussi bien l’assurance vie que le plan d’épargne retraite permettent d’allouer son capital sur des supports offrant de bonnes performances sur le long terme, et en particulier une bonne protection contre l’inflation. Ainsi, en sus des fonds euro, les épargnants ont intérêt à se tourner vers des supports dynamiques : des fonds actions et des supports immobiliers (SCI, OPCI, SCPI, etc.). Mais une question se pose : quel pourcentage faut-il allouer sur les différentes classes d’actifs ? La réponse à cette question dépend des projets financiers de l’épargnant, de son aversion au risque (un portefeuille de fonds actions est plus volatil qu’un portefeuille constitué de supports immobiliers) ou au contraire de son appétence pour les supports dynamiques permettant d’escompter les meilleures performances sur le long terme.
En cas de doute sur les bons choix pour leur épargne, les épargnants ont intérêt à se faire épauler par un conseiller en gestion de patrimoine.
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